Partager l'article ! La légende dorée de Sainte Hécate.: Hécate revenait comme tous les jours de la mare aux gr ...
Hécate revenait comme tous les jours de la mare aux grenouilles où
elle récoltait patiemment de ses belles mains fines quelques baguettes de coudrier afin d’alimenter sa pratique de magicienne des maux.
Elle ne manquait jamais sur le chemin du retour de passer par la crypte pour y faire quelques
dévotions sur l’autel de la Dame blanche.
C’était une belle matinée de vingt-huit février deux mille neuf à onze heures quarante-cinq exactement
(*), une de ces
matinées où le printemps s’annonce enfin après un hiver interminable et glacial.
Hécate avait l’âme bleue et le cœur léger ; elle s’attarda à flâner dans les allées du cimetière.
Soudain entre deux tombes, un crâne lui apparut. Le vieil os installé sur un tas de cendre chantait Maldoror d’une voix infernale pour les mouettes de passage.
Hécate eut pitié de ce reste humain désespéré, et dans sa grande miséricorde lui laissa un bouquet de mots
éblouissants. Elle décida ainsi de venir tous les jours lui tenir compagnie.
Peu à peu le crâne devint plus joyeux et loquace au point d’avoir l’illusion de revenir à la vie et de se
souvenir des moments heureux de son existence.
En même temps la renommée de Sainte Hécate la petite magicienne de dentelles aux mains fines et
baguées se répandait par le monde et grandissait de jour en jour.
Quant Hécate n’était pas au chevet du crâne, elle recevait ses fidèles dans sa grotte lumineuse tendue de
velours rouge. Là, elle prodiguait à chacun la même attention, recevant avec bon thé les humbles offrandes scintillantes que les pénitents apportaient à ses pieds. Elle leur racontait de
fabuleuses histoires et consultait pour eux l’oracle dans la plume de soie de ses noirs corbeaux.
Les pauvres âmes errantes repartaient guéries de tous leurs maux et surtout beaucoup plus
intelligentes.
Ses saintes apparitions sont toujours accompagnées d’un parfum ineffable de roses blanches et d’une pluie miraculeuse de pétales.