Je marche à l’ombre de tes structures éblouissantes. Je progresse, pas à
pas sur le tranchant de tes contrastes, équilibrant mon poids sur tes obscurités asymétriques. Je caresse l’inexorable suture de nos mélanges ; sous ma main, l’or cicatriciel de nos
collisions. Je me glisse dans les méandres nocturnes de ta physionomie impossible. Ta clarté se dérobe sous ma pensée, la vidant de sa substance, fragile sur ton implacable
minéralité.
Je m’endors dans la douceur de tes orbites, perdue dans la chair éteinte
de tes cavités.
Gertrude soigne son addiction, réduit les doses de la Toile, se fait plus rare. Elle répondra de temps en temps à quelques commentaires pour ne
pas souffrir du manque de votre présence.
Le Capitaine réduit la Voile pour aller moins vite et prendre le temps de faire escale avec sa tribu. Son prochain article est programmé pour le trois du joli Mois de Mai.
*Réponse vers le 16 mai 2009.
C’est un équilibre rompu qui veut se rétablir, et qui ne peut plus se rétablir sans crise. Même en ne tenant pas compte de l’irritation de l’estomac et des transpirations excessives, il est facile
de se figurer l’angoisse d’un homme nerveux, dont la vitalité serait régulièrement réveillée, et l’esprit inquiet et inactif. Dans cette terrible situation, le malade généralement considère
le mal comme préférable à la guérison, et donne tête baissée dans sa destinée.
Charles Baudelaire, Les Paradis artificiels, Un mangeur d’opium.
Vieil océan, tu es le symbole de l’identité : toujours égal à toi-même. Tu ne varies pas de manière essentielle, et, si tes vagues sont quelque part en furie, plus
loin, dans une autre zone, elles sont dans le calme le plus complet. Isidore Ducasse. Les chants de Maldoror, Chant premier. Sans
titre, huile sur papier, 11,5 x 15 cm, 2003.
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